Les Lamentations de l'Agneau
Si Le Voyage de Chihiro est pour moi un modèle en ce qui concerne les animes, Les Lamentations de l'Agneau est à mes yeux le manga parfait. A vrai dire, on reste dans la même veine, soit une série à ambiance plus qu'une série d'action. Bon, il m'arrive aussi de regarder des trucs qui bougent et qui tapent, ne vous inquiètez pas.D'ailleurs, il y a beaucoup de sang dans les Lamentations de l'Agneau. Et pour cause, ça parle de vampires. Pas les vampires qui vivent dans des chateaux et qui dorment dans des cercueils, non, c'est bien plus subtil. En fait, ça raconte l'histoire de Kazuna, un ptit jeune qui découvre qu'il est peut-être atteint d'une maladie héréditaire lui donnant envie de boire le sang d'êtres humains. Une maladie psychologique plus qu'autre chose, mais il est parfois difficile de se dépétrer des jeux de son égo. D'ailleurs, sa soeur qu'il vient de rencontrer est atteinte de cette maladie depuis sa jeunesse. En vue d'ensemble, Les Lamentations ressemblent pas mal à une descente progressive aux enfers, une auto-destruction plus ou moins programmée dès le premier volume. C'est donc plutôt sombre, et ça rigole pas souvent. C'est pas dark pour autant, Kazuna n'écoute pas de métal et ne s'habille pas en corbeau, c'est un gars comme vous et moi (sauf si vous êtes à tendance gothique, auquel cas je tiens à préciser que je n'ai rien contre toi mon frère). Certaines scènes sont pourtant clairement malsaines, tout en cultivant un certain lyrisme. On flirte d'ailleurs très gentiment avec l'inceste vers la deuxième partie. Ce n'est jamais gore, vulgaire, ni même explicite, tout se passe dans la tête du lecteur, et du héros, qui est suivi pas à pas jusqu'à la fin, où, comme dans toute oeuvre mettant en scène la destruction de son personnage principal, l'indiscible lueur au bout du tunnel reste perceptible. Toute la question subsiste dans l'attitude du héros face à l'alternative qui lui est offerte. Suivre son destin jusqu'au bout, ou aller au delà? Y'a t'il vraiment un intérêt à continuer à vivre après avoir accompli ce que l'on estimait être son devoir? Que de mystères... Le mythe du vampire est scrupuleusement respecté, poussé plus loin même. L'ambiance est extrêmement ténue, mais absolument géniale quand on tient le bon bout de l'oeuvre. La fin du premier volume par exemple marque un cap psychologique décisif, quand Chizuna (la soeur) révéle ses intentions profondes en s'ouvrant le bras et en incitant son frère à boire de son sang. C'est là qu'on se dit que Les Lamentations perd beaucoup à être publié de manière pèriodique, car on perd parfois le fil de l'histoire à attendre deux mois la sortie du prochain volume. Heureusement, la série est maintenant complète, alors jetez vous dessus!
- jade
- 13:20
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