Le Voyage de Chihiro
Le Voyage de Chihiro est très certainement l'un de mes dessins animés préféré, et même l'un de mes films préférés si tant est que l'on puisse confondre dessin animé et film (le débat est ouvert). Sorti en 2002, réalisé par Hayao Miyazaki, ce long métrage raconte l'histoire de la petite Chihiro, perdue dans un monde d'esprits et de fantômes. Au départ présenté comme une version nippone d'Alice Au Pays des Merveilles, l'oeuvre finale s'en démarque tout de même beaucoup, même si il est vrai qu'on pourrait qualifier le roman de Lewis Caroll et l'anime de Miyazaki d'oeuvres fantastiques, frolant le surréalisme pur et simple, mettant en scène une fillette.
Enfin, de mon coté, je trouve que la comparaison s'arrête là, Le Voyage de Chihiro possédant une portée toute autre qu'Alice. Enfin, ce n'est là que mon avis, très partial il est vrai. Je ne vous embêterais pas trop avec tout ce que je qualifierais de purement littéraire, car à mon avis, ce ne serais que pure perte. En ce qui me concerne, Chihiro annonce pourtant une réelle révolution chez Miyazaki, une nouvelle page de sa filmographie, ce qui a plus ou moins été confirmé par le Chateau Ambulant (beaucoup moins trippant tout de même).
Il faut constamment garder à l'esprit que le dessin animé a été fait du début à la fin à la main pour saisir l'ampleur de sa magnificence. Chaque plan est une oeuvre d'art, et je ne vous parle même pas des décors lors de la ballade en train qui clôt plus ou moins l'histoire, qui me font tomber à la renverse chaque fois que je revois le film (ce qui arrive souvent). Il faut dire aussi que la musique y est pour beaucoup, un thème au piano qui retranscrit à la perfection l'ambiance de toute l'oeuvre.En fait, plus le film avance, et plus on a cette impression d'être vraiment dans un autre monde, où vivent des espèces d'images poètiques ambulantes. Tout commence plus ou moins comme un cauchemard (les 20 premières minutes sont à mes yeux d'une intensité rare), puis le film se dilate peu à peu, ralenti et commence s'attarder sur des scènes dans un but vaguement scénarique. Le dragon et les bonshommes de papier, l'eau, qui devient omniprésente à la fin du film, le train qui roule sur l'eau justement, les habitants qui ne sont que des ombres, etc... Les images s'enchainent, jusqu'à la presque fin où Chihiro délivre Haku de son sortilège, et là toutes les émotions explosent un bon gros dernier coup (et là encore la musique est exceptionnelle, un mélange magistral d'instruments à corde et de piano), pour retomber dans cette ambiance presque semi-consciente qui fait qu'on se demande si tout n'était pas un rêve pour la petite Chihiro (et revoilà la comparaison avec Alice Au Pays des Merveilles) Beaucoup lui préfèrent Princesse Mononoké du même réalisateur, beaucoup plus action, mais du coup moins reposant et axé sur la contemplation pure et simple. Pour ma part, Chihiro est l'oeuvre japonaise qui m'a totalement bouleversé, ce pour quoi je ne baisse pas les bras quand je vois une énième série de drague/baston/enquête à deux balle dans les rayons manga de la FNAC (quoique j'en sais rien, peut etre que je loupe des chefs-d'oeuvres).
- jade
- 13:16
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